local B4 ZA l'Arnède
30250 Sommière
04 66 71 05 53
brasserie-des-garrigues@orange.fr
Par Pierre [18/01/11]
C'est presque à l'ombre du Pic Saint Loup et de ses vignes que s'est implantée entre 2005 et 2007 une très bonne brasserie sudiste.
C'est donc en 2005 que commence l'histoire. Deux amis, brasseurs amateurs depuis plusieurs années se retrouvent sans emploi. The perfect timing pour se lancer et faire d’une passion une profession.
Pour viabiliser le projet, les deux jeunes entrepreneurs commencent par faire brasser leurs bières par la Brasserie du Sornin, dans le 42, validant ainsi la pérennité du projet. En bon défenseurs du consommateur de bière, les brasseurs des Garrigues ne se cachaient pas du tout de cette externalisation, tout en indiquant toutefois que les recettes étaient, elles, bien de leur cru.
Assez rapidement les travaux d’installation de la brasserie commencent et le 6 octobre 2007, c’est l’inauguration, l’ensemble de la gamme est dès lors brassée sur place, de la main des deux brasseurs, rejoints en 2010 par un troisième partenaire en passe de devenir un associé et par un employé à mi-temps.
Et c’est lors de la dernière semaine de 2010 que nous rendons visite à cette brasserie ; censés être en vacances, les brasseurs ont gentiment accepté de nous recevoir tout de même. Bien que nous ayons croisé Emmanuel, c’est Gwenaël qui a été notre guide lors de cette visite. La brasserie se trouve dans une zone artisanale, un assez grand local. Les deux cuves de brassage trônent près de l’entrée. En face de l’entrée, le bar avec la gamme assez impressionnante des bières de la brasserie. Onze différentes, plus une eau-de-vie réalisée à partir de bière distillée, sont disponibles ce jour. Nous y reviendrons. On trouve aussi dans la salle quelques autres cuves destinées à faire du brassage par décoction (le brassage est habituellement effectué par infusion), des bancs entassés nous rappellent que l’établissement peut accueillir du public pour d’éventuels évènements. Mais, à cause de l’accroissement de la production, la place devient restreinte. Avec deux brassins par semaine en moyenne, chacun de 800 litres, la brasserie a une belle activité. On s'en aperçoit au bon nombre de fermenteurs. Les plus anciens sont dans une chambre chaude, tandis qu’une autre pièce, plus fraîche, accueille les cuves de garde dans lesquelles la bière finit de fermenter, après la fermentation dite « primaire ». Plus récemment, une cuve cylindro-conique de plus de 2400 litres a rejoint le cheptel. De quoi contenir deux à trois brassins, le plus souvent deux : deux brassins identiques, réalisés à un jour d’écart sont mis ensemble dans cette cuve. L’avantage de cette cuve cylindro-conique thermorégulée, c’est qu’il n’y a plus besoin de chambre chaude ou froide, il se dresse fièrement dans le hangar. Un second cylindro-conique de la même taille va le rejoindre en 2011. A cause de l’agencement qui commence à être serré, il va falloir démonter le toit pour le faire rentrer… Pas de quoi faire froid aux yeux des jeunes brasseurs.
Sur la photo de gauche, les deux cuves de brassage. Sur celle de droite, on aperçoit le cylindro-conique au fond et les deux cuves d'eau chaude au premier plan, à gauche.
Des brasseurs rigoureux avec une culture bière solide : Gwenaël faisait partie de l'ATPUB (AssociaTion Pour l'Union des Biérophiles) et Emmanuel travaillant dans une imprimerie a eu l'occasion d'aiguiser sa soif en voyant les pages de Bière Magazine défiler sous les rotatives. Avec un passé d'amateurs éclairés de bière et de brasseurs amateurs, pas question de faire des concessions, les brasseurs des Garrigues ne font que des bières qu'ils aiment. Qu'ils aiment sincèrement. L'utilisation d'ingrédients "originaux" est donc limitée aux seuls cas où le produit final reste bon pour un connaisseur de bière, tant pis pour le public néophyte qui raffole des bières aromatisées. Autre conséquence de leur ligne "éditoriale", l'amertume est de mise dans la Garrigue. Et puis on reconnait des influences de très bonnes brasseries, américaines notamment. En effet, les houblons très aromatiques et fruités sont à l'honneur dans beaucoup de bières. Un premier essai en fûts (de cognac) a été fait. D'autres sont à attendre...
Cette visite fut aussi l'occasion de rencontrer Marjorie, la sympathique brasseuse du Paradis, ici avec Gwenaël
Notre discussion se recentre autour de quelques verres de ces nouveautés. La gamme comportait initialement une bière blonde (la Belle en Goguette) aromatisée aux houblons saaz et cascade et une bière brune (la Nuit de Goguette), un porter assez corpulent (il est apparemment passée de 5 à 7% d’alcool). Autour de cela s’articulaient quatre bières de saison : une blanche légèrement aromatisée aux herbes de la garrigue, une ambrée, ces deux bières là sont maintenant annuelles ; une bière au coing et une brune « hivern’ale » dont la recette change au fil des ans. Maintenant, on trouve aussi des bières très typées « houblon » : la Brut’ale et la Frappiste, amenées à être reconduites mais avec des variétés changeantes de houblon. La Barrique (celle en fût de cognac), et des bières « collaboratives » : une au riz rouge en association avec les producteurs de riz de Camargue et une blanche au chanvre. Une gamme en pleine explosion, avec apparemment des produits de plus en plus typés. Et aussi, une gamme récemment devenue 100% bio. L’orge bio vient pour l’instant d’Allemagne (la petite proportion d’houblon fait qu’il n’a pas besoin d’être estampillé bio pour que la bière le soit, ce qui tombe bien, car la plupart des houblons n’existent pas en version bio). Mais les brasseurs soutiennent un projet de culture d’orge biologique dans le département pour que ce bio représente un réel gain écologique.
On aurait pu croire qu’avec des bières sans concession, typées, caractérielles et souvent amères, cette brasserie allait devoir avant tout s’adresser au public des connaisseurs via les caves à bières ou sites internet. Mais il n’en est rien, la grande majorité de la production est vendue localement, notamment en fûts (les 3/4 de la production). Aujourd’hui, seules quelques bouteilles « montent » à Paris, à la Cave à Bulles. Un message très positif et un exemple : les produits de caractère dont raffolent les « connaisseurs » peuvent aussi plaire à (presque) tout le monde. Un message pour que les brasseurs montent dans les IBU (International Bitterness Unit, l’unité de mesure de l’amertume). D’ailleurs les brasseurs des Garrigues font partie d'un mouvement regroupant quelques brasseurs qui ont d’ores et déjà la main lourde sur le houblon. Le mouvement s'apprête à être lancé dans les semaines qui viennent ; mais chut, c’est secret pour le moment…
Arlésienne (l') (4.8%)
Herbacée et quelque peu poivrée au nez. En bouche, c'est cet aspect épicé qui prévaut. Un essai avec du ...[commentaire entier]
Belle en Goguette - Cascade (la) (6%)
Une blonde légère en bouche, un peu citronnée avec une amertume présente, fruitée (pamplemousse rose et ...[commentaire entier]
Belle en Goguette - Houblonnée à cru (la) (4.5%)
Blonde non filtrée qui sent le cacao et la verdure. Des nuances de légumes à cosse (fève/petit pois). Goû...[commentaire entier]
Bière du Coing (la) (6%)
Ambrée-rouge, foncée. Nez de fruits (coing, fraise, ...). Bouche assez légère. Les saveurs se font sentir en fi...[commentaire entier]
Bière en Barrique (Nuit de Goguette) (8%)
Le nez est sur du café, de la vanille, surmonté de la puissance alcoolisée du cognac. La bouche semble passée :...[commentaire entier]
Bière en Barrique (Saison des Amours) (10.7%)
Côté oxydé, vin doux au nez. En bouche, on a quelque chose de sirupeux qui tend sur du cognac. La carbonation est faibl...[commentaire entier]
Brut'Ale - la P'tite Bière 2010 (6.4%)
Jolie jolie. Issue du rinçage des drêches d'une bière plus forte, elle nous rappelle une bitter anglaise, en plus houbl...[commentaire entier]
Cambierra (4.5%)
Herbeux et pointe d'amertume. Bière au chanvre, ça reste très spécial avec aussi une pointe acidulée. C'...[commentaire entier]
Frappiste 2010 (7.5%)
Odeur houblonnée comme un bon amiral Nelson. Côté pamplemousse ou agrume léger qui invite à la dég...[commentaire entier]
Hivern'Ale (11.2%)
Belle couleur ambrée acajou. Saveur de pruneau, de fruits au sirop, de marmelade et de mélasse. La bouche est ample et sirupe...[commentaire entier]
Nuit de Goguette 3.9% (3.9%)
Torréfaction et houblonnage, c'est ce qui nous arrive au nez. L'entrée en bouche est similaire, très agréable, ...[commentaire entier]
Nuit de Goguette 7% (7%)
Chocolat, fumé, torréfié. Cette brune tire largement vers la stout. Les saveurs sèches et torréfié...[commentaire entier]
Ribouldingue Amarillo (6%)
Barbe blanche, cheveux blancs, bière blanche, mais le tout en mode costaud comme trois motos. Ô pif, grand chapeau ! C'est aci...[commentaire entier]
Ribouldingue Naturelle (5.5%)
Au nez, on a l'impression de sentir un thé type Lapsang Souchong, thé fumé avec des notes herbacées. En bouche,...[commentaire entier]
Saison des Amours (5.5%)
Aspect fruits confits au nez avec pointe d'acidité. En bouche le côté acidulé s'articule avec une belle amertume...[commentaire entier]
Triple Hot - Saison des Ardeurs (6.2%)
Blonde-rousse-trouble. La belle mousse solide cache des effluves ultra épicés. Entre les trois épices ajoutés, ...[commentaire entier]
| Accueil | Nous écrire | Retour |
Guide-bière.fr - Le Petit Bourré
Club à but non lucratif pour la promotion de la bière.
2007-2012 tous droits réservés.
Recherche sur Guide-Bière.fr
Contact.
Qui sommes-nous ?
Suivez-nous par RSS